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être soi-même

La solitude, un besoin nécessaire

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«Des voyages en solo, des temps de retraite, de lecture, voire de jardinage permettent de se familiariser avec cette austérité si vivifiante lorsqu'elle est décidée et volontaire.» 


Redoutée, voire dénigrée, l'aptitude à passer du temps seul peut aussi devenir une voie d'épanouissement.

Quatre jours et quatre nuits dans une maison de campagne sans téléphone portable, sans télévision, ni radio, ni même animal de compagnie, ni personne !


Vous imaginez ?

 

Tout ce qui relève de "l'existence en solo" fait peur. Un récent sondage la présentait comme "un problème pour 78% des Français interrogés", puis elle était considérée comme une "menace"; enfin la lutte contre la solitude apparaissait même comme une possible "cause nationale". C'est dire le peu d'attrait qu'elle a dans notre société. Trop souvent confondue avec l'isolement, "elle est toujours jugée à l'aune de l'injonction dominante à vivre en couple", estime le sociologue Éric Donfu, "et les actes solitaires sont perçus comme suspects", renchérit Hervé Magnin.

 

Des parenthèses pourtant nécessaires


Pourtant, les temps de solitude pourraient bien aussi apparaître comme des oasis luxueuses dans nos existences frappées d'hyper-occupation.

Des parenthèses absolument nécessaires pour penser, réfléchir aux grandes décisions à prendre, s'occuper de soi… ou même apprendre à aimer.

 

La thèse d'Éric Donfu, sociologue, selon lequel "être seul n'est pas mauvais en soi. C'est ce qu'on en fait qui donne tout son sens à notre solitude". Pour lui, "celle-ci est bénéfique quand on l'intègre à un profond processus de changement. Car dans l'expérience solitaire, dès lors qu'on ne la fuit pas, on découvre qu'on n'est pas dénué de pouvoir. En nous dépouillant, la solitude nous incite à aller puiser dans nos ressources intérieures".

 

Considérer autrement la solitude


Il y a donc une dimension initiatique à l'éprouvé de l'existence en solo, que celle-ci se fasse sur une longue durée ou même quelques instants par jour, grappillés sur des emplois du temps chargés de rendez-vous et relations en tout genre. Très souvent, cette initiation passe par un apprentissage. Pour ceux qui n'y ont pas été accoutumés dès l'enfance, il faut apprendre à considérer autrement sa solitude.

"L'accès à la solitude résulte d'une décision courageuse", écrit Hervé Magnin, psychothérapeute.


 

Le besoin de "faire une pause", de "prendre du recul" peut permettre la pérénité d'un couple. Il faut pour cela bien faire comprendre ses attentes à son conjoint, le rassurer sur ce besoin d'éloignement. Ignorer ce besoin et ne pas en parler, peut conduire à la rupture, parfois définitive.


Oui ou non, êtes-vous prêt à écouter votre corps ? À accueillir vos émotions ? À explorer vos pensées aussi tristes soient-elles ?


Pour Éric Donfu, c'est d'ailleurs l'un des enjeux majeurs du temps libre dans nos vies, qu'il résume en 3 D:


  • Distraction
  • Délassement
  • Développement intérieur

Nous aurions, selon le sociologue, plus que jamais intérêt à apprendre à habiter notre solitude. Une suggestion qui redonne actualité à la pensée de Blaise Pascal : "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre."


 

A bientôt Chers CO-Créateurs !

 

Hervé Magnin, psychothérapeute: La Positive Solitude (Éd. Jouvence)

Pour aller plus loin: http://www.lefigaro.fr/sante/2011/03/06/01004-20110306ARTFIG00271-quand-la-solitude-fait-du-bien.php

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